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Parenthèses de Michèle Roullet - Page 19

  • Se “victimiser” pour devenir un super-héros !

    C’est dans l’air du temps : violer les lois d’un pays, défier la justice d’un Etat de droit (au nom d’une noble cause !) et clamer n’être qu’un « bouc émissaire ».

    C’est l’attitude adoptée par deux jeunes suisses, Bastien et Théo, arrêtés à Briançon et poursuivis par l’Etat français pour « aide à l’entrée d’étrangers en situation illégale sur territoire nationale et en bande organisée ». Mais, les prévenus, disent être « criminalisés pour avoir montré de la compassion » (propos de Théo, repris comme titre dans l’article de Marie Prieur, in TdG du vendredi 25 mai 2018).

    Si ces jeunes, animés d’un idéal humanitaire, ont seulement participé à une manifestation, les avoir conduits menottés à la prison des Baumettes à Marseille est un traitement inique, puisque la liberté de manifester (si abondamment utilisée dans l’Hexagone !) est inscrite dans la Convention européenne des droits de l’homme dont la France est non seulement signataire, mais plus encore la patrie des droits de l’homme (euh pardon, faut dire, pour les censeurs de gauche, les « droits humains » - à distinguer des droits bestiaux - ce qui va fâcher les antispécistes !!!).

    Bon, ces trois jeunes (Bastien, Théo et Eleonora, une ressortissante italienne) ont été remis en liberté une dizaine de jours plus tard « sous contrôle judiciaire strict ». Cela signifie qu’ils ne sont pas autorisés à quitter le territoire français ni à s’exprimer publiquement jusqu’à leur procès fixé au 31 mai, et qu’ils doivent se présenter quotidiennement à la police ou gendarmerie (in Le Temps). Logés chez des proches, ces jeunes sont donc actuellement dans une situation plus confortable.

    Toutefois, dans une conférence de presse du 24 mai, à Annemasse, Théo (en bravant avec son camarade l’interdiction qui leur est faite de s‘exprimer publiquement) se plaint : « on prend nos vies en otage pendant plus d’un mois. Nous ne pouvons même pas rentrer chez nous ».

    Ces déclarations, faites à la presse, montrent que ces jeunes ont quelques difficultés avec le principe de réalité. Non seulement, ils transgressent l’interdiction imposée par la justice française de s’exprimer publiquement, en arguant que : « l’Etat n’a pas le droit de nous museler » (Théo, in TdG du 25.5.18). Mais encore, ils sapent la défense de leur avocat qui a déclaré que « Théo et Bastien étaient juste de passage pour voir des amis à Clavière […] ils ne sont pas connus des réseaux de soutien aux migrants » (in Reporterre). En effet, Theo dans la conférence de presse a défendu cette action militante (qui aurait permis l’entrée en France de 30 à 40 migrants). Arborant sur son tee-shirt le slogan « Le capitalisme, c’est has been » (bel anglicisme du consumérisme !), Théo spécule sur les combats qu’il compte mener : liquider le capitalisme responsable de la migration, de l’esclavage colonial et impérial ainsi que des frontières et des États-nations (sic !). « Tout cela est pour nous à déconstruire » conclue-t-il (in TdG). Un “nous” abstrait ; inclue-t-il son camarade Bastien ou une communauté plus large ?

    Théo a de grandes ambitions, mais il oublie que la liberté a toujours un prix, et qu’être activiste politique est un engagement qui peut orienter (voire faire basculer, comme en témoignent magistralement les romans de Kundera, dont « Risibles amours ») toute une vie.

    En Suisse, les objecteurs de conscience, qui refusaient (jusque la création du service civil) de faire leur école de recrue, savaient qu’ils seraient emprisonnés. Ils acceptaient ce prix à payer même s’il avait des incidences sur leurs études ou entrée dans le monde du travail.

    Régis Debray, engagé aux côté du Che Guevara, n’était pas un combattant du dimanche. Il en paiera le prix fort… Si je cite Régis Debray, c’est que ce brillant philosophe a écrit, presque 50 ans après sa période de guérilléro, un remarquable petit essai : « Éloge des frontières » (2010, Gallimard). Pour Debray, les frontières protègent de la vie extérieure, permettent de lutter contre l’uniformisation et produisent du sens. Elles se distinguent absolument des murs, car « le mur interdit le passage, la frontière le régule ».

    Si seulement Théo et Bastien pouvaient lire l’« Éloge des frontières », ils comprendraient qu’il est acceptable (et même vital) qu’un pays ait des frontières. Un Etat de droit doit défendre ses frontières. Sans régulation, on ouvre la porte à tous les abus, y compris à la traite des êtres humains, piégés par des passeurs cupides et criminels.

    Que Bastien et Théo puissent bénéficier de la clémence d’un juge, c’est ce que je leur souhaite ! Mais, que cet épisode judiciaire leur donne plus de clairvoyance dans leur engagement envers les démunis et les migrants !

     

     

  • Derniers jours pour aller voter !

    Certains ont reçu leur matériel de vote alors qu’ils étaient peut-être déjà partis en vacances. En effet, dans certains quartiers ou communes, ce matériel n’est arrivé que le jeudi 29 ou le samedi 31 mars. Beaucoup d’électeurs n’ont ainsi pas encore voté. C’est pourquoi, je vous rappelle qu’il ne reste plus que quelques jours pour voter et je vous annonce, en même temps, que je suis candidate au Grand Conseil.

    Tenant ce blog depuis huit ans, je pense que vous (mes lecteurs) devez un peu me connaître. Toutefois, j’apporterai ici quelques points qui préciseront mes engagements et priorités et ajouterai mon profil Smartvote.

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    Forte de mon expérience d’enseignante à l’école primaire, à l’Université et de chercheuse en pédagogie, je sais combien les questions éducatives sont déterminantes. Je m’engage pour que Genève développe la formation professionnelle des jeunes (qui allie savoirs théoriques et expériences pratiques), améliore son système scolaire et augmente l’offre de garde pour les jeunes enfants.

    Parmi des enjeux prioritaires pour lesquels j’engagerai toute mon énergie, il y aura bien sûr le projet de réforme de l’imposition des entreprises, défi primordial pour la prospérité du canton où environ 60'000 emplois sont en jeu ; l’aménagement du territoire et le logement (il n’est pas normal que Genève exporte ses travailleurs en France ou dans d’autres cantons, perdant des rentrées fiscales conséquentes et créant du même coup des problèmes de transports sans fin aux graves répercussions sur l’environnement et la vie des Genevois) ; les projets culturels ambitieux qui feront rayonner Genève : la Nouvelle Comédie, la Cité de la musique et le Théâtre de Carouge qui nécessiteront le soutien de Genève et l’augmentation des infrastructures sportives réellement nécessaires pour notre canton.

    Enfin, d’une manière générale, je considère qu’il est indispensable de simplifier les démarches administratives qui envahissent l’ensemble de nos activités, coûtent cher et paralysent notre société.

    Défendre les valeurs PLR, qui allient responsabilité et liberté, sera ma priorité pour que Genève puisse garder une place financière forte et rester attractive. Mais, pour soutenir ces valeurs, j’ai besoin de votre soutien.

    N’oubliez pas d’aller voter : PLR, Liste n°4, je compte sur vous !

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  • Ça fait du bien d’admirer !

    C’est en ces termes que le philosophe André Comte-Sponville, sur un plateau d’une émission de la chaîne ARTE, commentait l’hommage national français, rendu cette semaine au Colonel Arnaud Beltrame.

    Les centaines de personnes qui ont assisté à cette cérémonie (et ceux qui l’ont vue sur leur poste de télévision) donnent raison au philosophe : « ça fait du bien d’admirer ! »

    Ce ne sont pas les meurtres jihadistes, commis par un petit délinquant radicalisé, qui resteront dans l’Histoire, mais l’acte héroïque du Colonel Beltrame, qui redonne à la France une grandeur. En effet, il faut des héros pour qu’un pays soit grand !

    Et, cela, on semble l’avoir oublié. Notre époque a tellement versé dans un relativisme total qui affirme que toutes les opinions se valent, qu’elle a généré le refus de toute hiérarchisation.

    Dans cette idéologie désenchantée, tout se vaut ! Il n’y a ni vérité, ni héros, ni faute. Tout est permis, puisque rien n’est interdit ! Les personnes deviennent interchangeables et sont toutes méprisables. C’est pourquoi l’on entend souvent, surtout en parlant de politiciens, ce lieu commun : « tous des pourris » !

    Ce scepticisme généralisé s’est développé insidieusement depuis des dizaines d’années. Dans l’éducation, par exemple, il paraissait coupable d’enchanter les jeunes têtes.

    Les récits héroïques et les légendes ont été écartés des bibliothèques scolaires et sans doute aussi des bibliothèques familiales, accusés d’être des récits trop irréels, trop idéalistes, trop exaltés, trop littéraires...

    Préférant donner aux enfants des textes inspirés de leur quotidien (pour leur permettre de surmonter leurs difficultés), on a écarté les ouvrages qui exaltent de nobles sentiments pour abreuver les enfants de livres “réalistes” du genre : « Max et Lili » (Max et Lili décident de mieux manger, Lili ne veut pas se coucher, La maison de Max et Lili a été cambriolée, Max ne veut pas se laver, etc.). Ces livres donnent peut-être aux enfants des “tuyaux” pour résoudre leurs problèmes, mais ils n’ont pas la valeur catharsis des récits épiques, des contes, des légendes, des grands « Textes fondateurs » et de la poésie où l’enfant, transporté dans un monde imaginaire et lyrique, peut sublimer le réel, prendre un peu de hauteur et trouver confiance en lui-même en s’identifiant à un personnage héroïque.

    Le geste du Colonel Beltrame nous rappelle combien l’admiration est un sentiment noble, et qu’il s’agit de le cultiver auprès de la jeunesse. A cet égard, je me souviens d’une anecdote vécue il y a bien des années. Alors que je confiais à une collègue l’admiration que j’avais pour mon directeur de thèse, le professeur Daniel Hameline (pour ceux qui ne connaîtraient pas ce philosophe, je dirais qu’il alliait une rigueur intellectuelle et un talent d’orateur qui lui permettaient de provoquer la pensée et de sortir, même les plus endormis, de leur sommeil dogmatique !), cette collègue me répondit sur un ton méprisant et avec fierté : « moi, je n’admire personne !» Son ton cassant ne laissait planer aucun doute. Pour elle, en admirant quelqu’un, j’étais aliénée, alors qu’elle, revendiquant de n’admirer personne (ni même une œuvre) se croyait émancipée et libre !

    Avoir fait tomber les héros de leurs stèles et dans le même temps n’avoir présenté aux jeunes qu’un avenir bouché en leur peignant un monde apocalyptique (pollution, déchets, morts des océans, disparition des glaciers, couche d’ozone, etc.) ont développé une quantité de haine et une fragilité qui favorisent l’embrigadement de paumés dans le radicalisme jihadiste.

    Il est temps de rappeler combien nous avons besoin de vrais héros (comme le Colonel Beltrame, qui a été prêt à penser que sa personne vaut moins que les Autres !) et combien « ça fait du bien d’admirer ! »

    En ce jour où les chrétiens célèbrent les fêtes de Pâques et commémorent la résurrection du Christ et où les Juifs célèbrent l’exode hors d’Egypte avec la Pâque juive (Pessa’h), c’est avec ce messages d’espoir, de renouveau et de liberté que je conclurai ce billet.

    Joyeuses Pâques et bonne fête de Pessa’h !